Homosexualité

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ORIENTATION HOMOSEXUELLE : ASPECTS MÉDICAUX / Un point de vue chrétien

Dr Calum MacKELLAR*
http://www.vbru.net/src/ethique/homosexuel.htm
Résumé Bien qu’un continuum étendu existe entre l’hétérosexualité, la bisexualité et l’homosexualité exclusive, il est généralement accepté que, dans notre société, les personnes, qui se déclarent homosexuelles représentent 3 à 4% de la population masculine et 1 à 2% de la population féminine. Quant aux causes de l’homosexualité, de nombreuses explications, sociologiques ou physiologiques, ont été proposées. Aussi devient-il évident qu’aucun facteur ne peut, à lui seul, expliquer cette orientation sexuelle. Même s’il est reconnu que les origines de l’homosexualité sont, dans la majorité des cas, «environnementales», ce type de facteur ne peut être considéré comme exclusif. Pour une minorité d’homosexuels, une cause dominante, médicale, est de plus en plus évidente. Il existe, au sein de la communauté chrétienne, une résistance importante et un grand embarras face à cette possible dimension physiologique de l’homosexualité. L’article suivant cherche à examiner l’homosexualité dans une perspective chrétienne et médicale, bien que certains arguments soient aussi pertinents pour l’homosexualité acquise, principalement par des causes sociologiques ou psychologiques.   A) La campagne pour les droits homosexuels Pendant les vingt-cinq dernières années, les militants de Gay Rights ont appelé la société à cesser de considérer le style de vie homosexuel comme immoral, et à l’accepter comme une expression valide de ce qu’ils sont1. La revendication sous-jacente, derrière cette campagne, étant que l’homosexualité et l’hétérosexualité soient acceptées comme les termes d’égale valeur d’une alternative sexuelle, ce que propose le PACS (PActe Civil de Solidarité ). Cela a souvent été exprimé dans les déclarations telles que: «Vous pouvez dire que la pratique homosexuelle est contre nature et anormale; mais ce n’est pas contre ma nature, ni si peu que cela soit anormal pour moi.»2 Cependant, cet argument selon lequel le naturel et le normal seraient acceptables alors que le «non-naturel» et l’anormal ne le seraient pas, sans définitions précises des mots, ne peut pas être retenu comme base de jugement éthique moral. En effet, les définitions de la «normalité» comme étant «un état d’existence conforme aux niveaux habituels», et de ce qui est «naturel » comme ce qui n’est«pas artificiellement préparé ou éveillé», n’ont aucun rapport direct avec le mot «moralité» défini comme «un état relatif à un comportement humain bon ou mauvais»3. Suite à la confusion existant entre ces définitions, un grand nombre de raisonnements malheureux ont été soutenus par des scientifiques et par les médias. Par exemple, affirmer que les homosexuels, puisqu’ils ne sont pas responsables de l’état physique de leur cerveau, ne devraient pas être condamnés pour leurs actions, ni être privés de bonheur par des restrictions imposées à leur comportement, n’a pas de fondement valable. La discussion concernant «ce qui est naturel» est liée avec la moralité, bien qu’il n’existe aucun véritable rapport. Ce qui est inné n’est pas automatiquement moral. Dans ce contexte, tout discours permettant à l’homosexuel d’échapper à la responsabilité de son comportement se trouve encouragé, qu’il soit ou non cohérent. B) Les croyances de l’Eglise Aujourd’hui, de nombreux chrétiens ont des opinions sur l’homosexualité qui s’appuient sur les mêmes arguments inadéquats que ceux du mouvement Gay Rights. Leur condamnation de la pratique homosexuelle comme «anormale» établit répétons-le, un faux lien entre la moralité et la normalité, qui mène à la conclusion que ce qui est anormal doit aussi être immoral. Comme les militants Gay Rights, beaucoup de chrétiens ont été peu disposés à reconnaître l’homosexualité comme un désordre physiologique comparable, par exemple, à la cécité. Leurs objections à cette explication résultent de différentes craintes. Pour quelques-uns, la peur que certaines formes d’homosexualité ne soient pas apprises, mais déterminées physiologiquement (génétiquement ou hormonalement), découle de celle qu’ils ont de perdre la maîtrise du processus «curatif» pour la personne homosexuelle. Ces personnes se raccrochent, en effet, à l’idée que «ce qui est un comportement appris peut être désappris»4. D’autres repoussent automatiquement toute nouvelle possibilité qui puisse contredire leurs modèles conservateurs et traditionnels de pensée. Cette situation devient alors tristement comparable à la difficulté évoquée par l’apôtre Pierre concernant l’annonce de l’Evangile aux Gentils et le problème de leur circoncision. Pierre a finalement été réprimandé par Dieu par l’intermédiaire de Paul pour son refus d’accepter l’étrange situation nouvelle, non conforme aux traditions théologiques (Ac 15). Certains encore ont peur de ne plus pouvoir invoquer la responsabilité des personnes pour les caractéristiques négatives de l’homosexualité. Ils croient qu’on ne peut pas naître pécheur et ils refusent toute possibilité de nature à mettre en danger leur concept de Dieu contrôlant la sexualité humaine. Enfin, quand aucun péché ne peut être imputé à la personne en cause, certains reviennent alors aux péchés des parents. Même s’il arrive que l’homosexualité soit souvent la conséquence de problèmes parentaux, ce n’est pas toujours le cas. La détresse et la souffrance peuvent être sans rapport avec un péché spécifique. L’exemple dans l’évangile de Jean (9:2) le montre: les disciples de Jésus lui ont demandé: «Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents pour qu’il soit né aveugle?» «Ni cet homme ni ses parents n’ont péché, a répondu Jésus, mais cela s’est passé afin que l’œuvre de Dieu puisse être manifestée dans sa vie.» Dans une perspective théologique, il est essentiel que les chrétiens se rappellent que les conséquences de la chute d’Adam ne se ressentent pas uniquement dans la société humaine comme telle. Le péché a aussi atteint la nature même de l’homme en suscitant des dérèglements physiologiques, tristes et affligeants. Par conséquent, il serait imprudent pour les chrétiens de déclarer qu’on ne peut pas naître homosexuel, pour des causes génétiques ou physiologiques5. Pendant des années, l’Eglise a soutenu que le soleil tournait autour de la terre et a condamné les déclarations contraires comme hérésies. Ce n’est que lorsque la véritable situation fut prouvée que l’Eglise dut humblement admettre son erreur. Ignorer ou nier la recherche scientifique qui suggère une prédisposition génétique ou hormonale dans certaine orientation homosexuelle serait alors aussi préjudiciable et irresponsable. La question concernant l’existence d’une cause biologique à l’homosexualité a souvent été posée afin de déterminer si l’homosexualité était une maladie ou un péché, ou si cette prédisposition devait être acceptée par la société6. Pourtant une tendance homosexuelle, qu’elle soit innée ou le produit d’une situation environnante, n’a aucun lien direct avec la moralité si la personne continue à prendre la responsabilité de ses décisions. Or la responsabilité personnelle est un «acquis» humain de base qui confère sa dignité à l’homme, et cela même si la recherche neurologique actuelle chez l’homme montre de plus en plus ce que l’on pourrait reconnaître comme des prédispositions au mal. L’homosexualité, la prédisposition à la colère, la violence ou l’alcoolisme ne sont que quelques-uns parmi un grand nombre de traits humains que les psychiatres et les neurochimistes estiment, maintenant, être favorisés par des dérèglements physiologiques dans le cerveau et pas seulement par un déséquilibre sociologique. L’équilibre dans les procédures psychiatriques éthiques doit toujours être ménagé afin que la responsabilité de la personne ne soit pas ignorée. Si un homme, par exemple, remarque son attraction pour de beaux adolescents, il peut soit choisir d’obéir à ses pulsions et chercher des rapports physiques avec eux, soit écouter sa conscience et chercher de l’aide en dépit des difficultés et des détresses présentes. Son choix et sa responsabilité restent présentes. Les chrétiens, même s’ils ne peuvent pas toujours comprendre, pour l’instant, ce qui fonde les principes bibliques opposés à la pratique homosexuelle, placent leur confiance dans la vérité, la bonté et la grâce de la Parole de Dieu. L’obéissance aux préceptes divins, la reconnaissance de l’amour profond de Dieu, de sa grâce et de sa sagesse, fait naître plus de force, chez la personne homosexuelle, pour continuer sur la route étroite, que tout autre argument contemporain. Les souffrances et la détresse rencontrées par le chrétien homosexuel, qui sont décrites dans un article émouvant du pasteur William Still, en Ecosse7, sont très réelles et, parfois, effrayantes, mais Dieu n’abandonnera jamais ni ne délaissera son enfant. Il arrive qu’aucune explication ne puisse être donnée aux profondes souffrances éprouvées par la personne homosexuelle. Une possible acceptation de sa participation, d’une façon mystérieuse, aux souffrances du Christ – qui le comprend et qui l’aime – est peut-être, alors, la seule solution possible pour comprendre cette situation difficile. (1 P 4:13)   C) Réaction de la profession médicale L’histoire troublée du désir de la profession médicale de traiter l’homosexualité comme une maladie est illustrée par l’exemple de l’Association psychiatrique américaine (APA). Après quelques hésitations, les membres de l’association ont décidé, le 15 décembre 1973, par un vote, de modifier la liste des maladies mentales de 1968, qui incluait l’homosexualité. Sur les 15 membres, 13 ont voté pour effacer l’homosexualité de cette liste. Il a été alors proposé que l’homosexualité soit considérée seulement comme une orientation sexuelle perturbée, qui n’affecterait pas tous les homosexuels, mais seulement ceux qui seraient insatisfaits de leur situation (et se considéreraient eux-mêmes comme «malades»). La communauté gay a crié victoire, tandis qu’un grand nombre de psychanalystes et de psychiatres refusaient d’accepter la décision de l’APA et ont demandé son annulation. Un référendum a été proposé en avril 1974. Après un lobbying intensif du mouvement Gay Rights, 58% des 10 000 votants ont confirmé la décision de l’APA d’exclure l’homosexualité de sa liste des désordres mentaux. Etant donné qu’un scrutin démocratique n’est pas vraiment l’équivalent d’un résultat scientifique8, un grand nombre de défenseurs de l’homosexualité en tant que désordre ont persisté à influencer le monde médical dans la recherche d’un traitement. Pour certains, si l’homosexualité n’était plus une maladie, elle constituait encore une «déviance» ou un «fonctionnement défectueux» chez le patient. Cependant, la ligne étroite entre déviance et maladie n’est pas caractérisée9 et on en revient à redéfinir les limites de la sexualité considérée comme «normale». De plus en plus d’articles paraissent aujourd’hui dans la presse médicale et démontrent l’existence de causes médicales différentes dans l’orientation homosexuelle. Pour une critique récente de ces propositions, on peut se référer à l’article du Dr J. Bancroft10, qui classe les recherches médicales sous quatre titres: les mécanismes hormonaux, la structure du cerveau, le fonctionnement neuropsychologique et les facteurs génétiques. Il conclut que le phénomène d’orientation sexuelle est toujours la conséquence d’un processus d’un développement multifactoriel. Aussi, les composantes biologiques devraient-elles être considérées en même temps que des facteurs psychologiques complexes.   D) Ethique et homosexualité Durant le XXe siècle, l’homosexuel a acquis une personnalité, avec un passé, une enfance et une histoire. Malheureusement, il est aussi devenu une espèce propre. En effet, la sexualité est devenue pour l’homosexuel la vérité ultime de son existence11. Cette situation fâcheuse s’est développée, malgré la médicalisation de l’homosexualité, qui aurait dû éviter tout jugement moral. La distinction n’est plus alors faite entre la maladie et le vice, entre le désordre mental et le désordre moral. La stigmatisation de l’homosexuel est sans nul doute un des résultats du développement de la classification de la sexualité. Ce sont, hélas! les homosexuels eux-mêmes qui, avec l’aide des sexologues, désireux d’améliorer leur présence dans la société, ont permis au «déviant» d’être enfermé dans l’anormal12, l’anormal étant alors enchaîné à l’immoralité. J. Weeks13 a démontré la responsabilité des sexologues dans la formation du type même de l’homosexuel. D’autres chercheurs estiment possible qu’ils l’aient effectivement créé14. Ce sont les sexologues qui sont devenus les juges de la normalité et de la manière dont elle devrait être vécue. Toutes sortes d’expériences hormonales et chirurgicales ont résulté de leurs efforts pour changer les tendances homosexuelles en une «sexualité correcte». La société contemporaine n’a pas libéré l’homosexuel de sa prison15. Après cent cinquante ans de réflexion, on ne connaît toujours pas précisément les origines de ce comportement mal défini. La multiplicité des explications ne sert qu’à renforcer le mystère et, par conséquent, l’étrangeté. L’image négative de l’homosexualité a aussi souligné les aspects positifs et désirables de l’hétérosexualité16. Le rejet des différences solitaires et anormales de la personne homosexuelle par la majorité hétérosexuelle sert aussi à affirmer et à confirmer l’hétérosexualité de celle-ci. Quel avenir pour l’homosexuel ? Pendant les trente dernières années, le mouvement homosexuel a connu le même destin que les autres minorités. Après un temps de réclamation du droit à être différent, ils comprendront, peut-être, les dangers de persévérer sur cette route, qui mène à la stigmatisation et à la «ghettoïsation»17. La différence n’est plus alors choisie, mais imposée par la majorité hétérosexuelle. Pour les homosexuels qui ne sont pas chrétiens, seule une reconnaissance de leurs actes physiques comme étant un péché devant Dieu leur permettra de comprendre et d’accepter leurs déséquilibres. Ils apprendront alors que Dieu ne les considère pas comme des homosexuels, mais comme des êtres humains qu’il aime en dépit de leur orientation sexuelle. Pour les chrétiens affligés par l’homosexualité, la preuve médicale, bien qu’encore complexe, peut offrir une possibilité, pour quelques-uns, d’accepter leur situation comme un désordre physiologique comparable aux autres fonctionnements défectueux qu’il n’est pas toujours possible de soigner avec succès. Le fait que l’immoralité ne soit pas parmi les causes de leur homosexualité peut en encourager quelques-uns à lutter contre leur autocondamnation. Cependant, la morale intervient dans ce que l’homosexuel souffrant fait avec son fardeau. Ses amis hétérosexuels doivent, par conséquent, chercher à alléger cette croix en lui offrant une compassion profonde et une assistance dans son combat contre toute pratique homosexuelle. Une aide considérable lui sera nécessaire pour résister aux tentations toujours présentes et profondes qui jaillissent dans son cerveau. Une véritable assistance et une grande solidarité devraient être effectives, tout en évitant d’être source de situations dangereuses et traumatisantes. Cela paraît peut-être difficile de prime abord, mais un encouragement peut être trouvé en considérant comment ont été traités les problèmes rencontrés par d’autres personnes désavantagées cherchant à être intégrées dans la société. L’Eglise apprendra alors à accepter la personne homosexuelle comme un enfant profondément aimé par Dieu, tout en rejetant la pratique homosexuelle. Des groupes chrétiens d’entraide, soutenus par des conseillers compétents, existent déjà pour les homosexuels; ils leur procurent une assistance compatissante et encourageante18.   ____________
* C. MacKellar est chercheur à l’European Bioethical Research, à Edimbourg (Ecosse). Son texte a été rédigé avec l’aide du Dr Tom Brown, du département de psychiatrie de l’hôpital St. John, à Howden, Ecosse. 1 J.L. Fletcher, Jr., Journal of Biblical Ethics in Medicine, 1 (1987/3), 43-52.
2 J. Stott, Issues Facing Christians Today (Marshall Morgan & Scott, 1984), 313.
3 G.N. Garmonsway, English Dictionary (Harmondsworth, GB: Penguin Books Ltd., 1980). 4 J. Konrad, You don’t have to be Gay (Tunbridge Wells, Kent: Monarch Publications, 1993).
5 P. Monger, European Journal of Genetics in Society, 1 (1995/2), 2-4.
6 J. Bancroft, British Journal of Psychiatry, 164, (1994), 437-440.
7 W. Still, The Rutherford Journal, 1 (1994/2).
8 E. Badinter, XY. De l’identité masculine (Paris: Odile Jacob, 1992).
9 P. Thuillier, La recherche, 20 (1985/213), 1128-1139.
10 J. Bancroft, British Journal of Psychiatry, 164, (1994), 437-440.
11 E. Badinter, op. cit.
12 E. Badinter, op. cit.
13 J. Weeks, «Question of Identity», in Pat Caplan (éd.), The Cultural Construction of Sexuality (Londres, NY: Routledge, 1987), 31-51.
14 J.N. Katz, «The Invention of Heterosexuality», in Socialist Review, 1 (1990), 7-34.
15 E. Badinter, op. cit.
16 Ibid.
17 Ibid. 18 Pour plus d’information, contacter «Devenir Un en Christ», BP La Rochette, 77012 Melun Cedex.
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Quelles sont les causes de l’homosexualité?

Pour l’instant, aucune explication n’existe pour l’homosexualité.Comme nous en avons déjà fait mention, principalement depuis le début du 20e siècle, un grand nombre de spécialistes s’intéressent à la question. À ce jour, aucune conclusion définitive permettant d’expliquer l’homosexualité n’en est ressortie. La plupart des théories explorant cette thématique ont tendance à être peu fiables à cause d’importants biais méthodologiques. Aussi, peu de ces théories explorent ou expliquent la bisexualité. Ne faut-il pas voir les choses autrement? Nous pouvons nous poser la question : n’est-il pas un peu étrange de se demander ce qui peut causer l’homosexualité, mais pas ce qui peut causer l’hétérosexualité? Pratiquement aucune recherche scientifique ne s’intéresse réellement aux causes de l’hétérosexualité. Pourquoi devrait-il en être autrement avec l’homosexualité?
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Les causes de l’homosexualité

Après avoir décrit et analysé ce qu’est l’homosexualité, puis les besoins et le vécu d’une personne vivant dans l’homosexualité, nous abordons maintenant la partie la plus délicate de la question que pose l’homosexualité : arriver à en définir les causes probables, et déterminer si l’on peut volontairement évoluer et changer. Les causes sont multiples, complexes, peuvent entrer en interaction, et diffèrent selon les individus. On ne peut pas résumer l’homosexualité à une ou plusieurs raisons principales, même si dans certains cas des raisons se recoupent et semblent être communes à beaucoup. D’autre part, il semble qu’il n’y ait pas une seule homosexualité, mais deshomosexualités. Un nombre important de personnes – dont beaucoup ayant une préférence homosexuelle – seraient même d’accord pour ne pas tenter d’expliquer les causes du tout, et pour dire que l’homosexualité est simplement une autre forme normale de la sexualité. Et d’ailleurs, affirment-ils, pourquoi expliquer l’homosexualité, puisque l’on n’a pas cherché réellement à expliquer l’hétérosexualité ? Personnellement je ne me rattache pas à leur école de pensée : certes, beaucoup de choses sont si naturelles dans la vie qu’elles ne nécessitent pas vraiment une remise en question et une interrogation, cependant cela ne veut pas dire que l’on ne puisse pas ou que l’on ne doive pas les analyser et les expliquer. Nous l’avons déjà dit, il est important de ne pas considérer l’homosexualité sous le regard exclusif et unique de la sexualité, car de même que pour l’hétérosexualité, l’attirance envers les personnes du même sexe n’est pas avant tout une question de sexualité, mais surtout une question d’affectivité, de sentimentalité, de recherche de sécurité. Certaines personnes ayant une préférence homosexuelle le prouvent d’ailleurs par leur absence de relations sexuelles, ou alors une sexualité peu active. Il serait ainsi plus juste de parler « d’homophilie » et de parler « d’hétérophilie » – ce qui aurait le mérite de ne pas opposer étroitement une hétérosexualité moyen de procréation et une homosexualité non procréatrice. Nous allons essayer de cerner les différentes raisons qui peuvent mener à l’homosexualité, étant entendu que chaque personne reste unique et différente, et que ce qui suit représentera une synthèse des différentes recherches et propositions déjà établies sur le sujet.

Les dysfonctionnements du foyer familial

Les dysfonctionnements du foyer familial peuvent peser parfois très lourd dans la balance[1]. Mais bien plus précisément, ce qui va jouer un rôle essentiel de l’orientation affective et sexuelle, ce sont les « modèles masculins et féminins » proches de l’enfant. Est-ce que les modèles masculins du père, des éducateurs, des pasteurs d’églises, des hommes influents entourant un garçon lui auront réellement donné envie de développer ses attributs masculins ? lui auront-ils également donné la sécurisation dans son genre ? lui auront-ils appris à apprécier et à respecter les richesses extraordinaires du monde des femmes et de la complétude hétérosexuelle ? Des propos comme « Mon père : c’était et c’est toujours un « tocard » , absent, inconsistant, ne s’intéressant à moi que négativement, se moquant de mes centres d’intérêt qui ne sont pas les siens » nous révèlent très souvent des personnes à préférence homosexuelle. Est-ce que les modèles féminins de la mère, des éducatrices, des femmes influentes entourant un garçon lui auront donné envie d’être en paix avec le féminin en lui, et le féminin autour de lui ? Est-ce que cela lui aura donné aussi envie de développer ses attributs masculins ? est-ce que cela lui aura apporté une sécurisation dans son genre et avec le genre complémentaire ? ou au contraire des peurs, des angoisses, des doutes ? et là aussi est-ce que ces relations féminines proches lui auront révélé les richesses extraordinaires du monde des femmes et de la complétude hétérosexuelle ? Ces questions fondamentales sont à poser exactement de la même façon pour les filles… Un certain nombre de femmes à préférence homosexuelle disent avoir subi un ou plusieurs abus traumatisants, les ayant déconnectées de la recherche de la complétude hétérosexuelle (abus d’autorité – y compris dans nos églises chrétiennes – abus affectifs, émotionnels, voire sexuels). J’ai pu écouter Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, prêtre, et il affirme ceci :
« On observe souvent, dans le cas de sujets qui ne vivent pas dans la continuité de leur identité sexuelle, une identification à une image idéale de l’autre sexe et un rejet d’une image du parent du même sexe, accablé de tous les maux. De nombreux homosexuels souffrent d’un déficit dans la capacité de relation inconsciente avec le parent de même sexe qui conduit à une ambivalence, une mise à distance de ce parent et une recherche de partenaire de même sexe érotisé. Dans un certain type d’homosexualité masculine, on observe que les hommes veulent être l’homme idéal que le père n’a jamais été, et dans le cas de l’homosexualité féminine, le besoin de se réparer par rapport à la mère et la fuite d’une relation : ne pas désirer un homme pour ne pas détruire l’éventualité d’une relation positive à la mère. »
Un grand nombre de personnes vivant dans l’homosexualité affirment avoir eu un père[2] effacé, distant, peu énergique et peu présent dans leur vie d’enfant. Elles ont été déçues dans leur attente affective, et inconsciemment n’ont pas pu se confronter et s’identifier à leur père, image de l’homme. Par la force des choses, l’allié de leur adolescence est donc devenu leur mère, qui a été quelquefois – et souvent en compensation – accaparante, dominatrice, surprotectrice et étouffante avec eux, dans un désir de soutien. Freud, dans son étude sur Léonard de Vinci, explique ainsi la cause de l’homosexualité :
« Un très fort attachement érotique à une femme, le plus souvent à la mère, attachement suscité, favorisé par la tendresse exagérée de la mère elle-même, renforcé ensuite par l’effacement du père de l’existence de l’enfant ».
Selon Bieber, 69% des homosexuels ont une mère hyper-affective. La plupart d’entre eux la décrivent comme séductrice ou castratrice[3]. Les docteurs Gerard van den Aardweg (1987), Marmor (1980), Freud (1910, 1922), Siegelman (1974), Westwood (1960), Schofield (1965), Thomson (1973) et Kronemeyer (1980) ont observé que les hommes homosexuels ont un attachement anormal à la mère. Dans de tels cas, ces hommes s’identifieront plus tard de façon exagérée à la mère et se désidentifieront du père.
« On entend parler d’enfants qui, pas une seule fois au cours de leur enfance, n’ont eu leur père à eux pendant une journée entière ou même une demi-journée. Cela me semble terrible. Je dirais que c’est la responsabilité de la mère que d’envoyer le père et la fille, ou le père et le fils, se promener de temps en temps ensemble pour faire une expédition. Ce geste sera toujours apprécié par ceux qu’il concerne et certaines de ces expériences seront considérées comme un trésor durant une vie entière. »[4]
A cause d’un manque de proximité du père, – et ce à tous les niveaux, physique, intellectuel, émotionnel, affectif -, l’homme est devenu dans la vie des futurs « homosexuels » masculins, le personnage lointain et mystérieux qu’il leur restait à découvrir, tandis que la femme, elle, est devenue « celle que je connais bien, mon alliée, celle avec qui je suis déjà en unité », l’image du sacré, de la mère, de la personne à qui il ne faut surtout pas toucher, mais qu’il faut respecter et honorer sans jamais aller plus loin. Ceci pourrait expliquer au tout début la fixation de leur attirance émotionnelle exclusivement envers un ami du même sexe, pour trouver d’abord écoute, affection, sécurité – le complément de ce qu’ils n’ont pas reçu de leur père – puis la focalisation de leur vie sentimentale d’abord, et par la suite sexuelle, sur l’homme, à un âge où elle devrait normalement se fixer sur le genre féminin. Fait marquant : la personne très attirée par l’homosexualité éprouve le besoin psychique de se réaliser dans et au travers d’un autre homme, de devenir lui – ce qui est le signe d’une identification non encore réalisée – d’où parfois un phénomène de dépendance et parfois même de codépendance[5]Son partenaire devient comme le prolongement de lui-même. Ce n’est pas le cas dans une relation hétérosexuelle équilibrée, où certes le désir de fusion, de possession de l’autre sont aussi présents, mais envers un partenaire qui est foncièrement différent et donc complémentaire.
« Notre identité ne peut s’acquérir que par la différentiation et même l’opposition. Elle suppose une communion avec la différence. Et non la fusion dans la ressemblance. »[6]
« Il est généralement admis que des relations familiales médiocres, où l’enfant n’a que très peu ou aucun contact affectif sain avec l’un ou deux de ses parents, favoriserait d’une façon significative le risque pour qu’il devienne homosexuel. Dans ce cas, la plupart commencent par éprouver des pensées homoérotiques au début ou après la puberté. »[7]
« Ce qui donne à l’enfant son identité, c’est la relation qu’il noue à l’intérieur d’un couple parental où le jeu de la complémentarité se fait normalement… L’homosexuel est quelqu’un qui continue à chercher son identité en miroir, parce qu’il lui a manqué une référence pour affronter la différence. Chaque fois que le couple parental a des problèmes relationnels graves qui mettent en cause leur complémentarité indispensable, – où l’homme et la femme sont chacun à leur place -, l’enfant en fait les frais »[8]
[1] Voir le tableau réalisé sur « la famille dysfonctionnelle » [2] 82 % des homosexuels n’avaient pas de relations satisfaisantes avec leur père contre 18 % des hétérosexuels [3] « L’homosexualité » – Jacques Corraze – PUF [4] D. W. Winnicott – « L’enfant et sa famille » – Petite Bibliothèque Payot, p 123 [5] codépendance : besoin compulsif de dépendre d’une autre personne, et de la faire dépendre de nous, pour faire cesser un malaise psychique intérieur [6] « Ton corps fait pour… un même corps ? » Daniel-Ange – Editions Le sarment – p. [7] Idea – n°4 – avril 1993 – Dr Calum MacKellar [8] in Famille chrétienne, n° 808 – Dr Fernand Sanchez
Cette page est un court extrait adapté du livre de Philippe Auzenet « PARLER DE L’HOMOSEXUALITÉ » (Editions du Jubilé – Le Sarment) que l’on peut commander depuis ce site. Attention le texte fait l’objet d’un Copyright : droit d’auteur… toute reproduction est soumise à l’autorisation de l’éditeur.
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Le débat sur l’homosexualité :  sciences humaines et position de l’Église

http://www.culture-et-foi.com/dossiers/homosexualite/noel_simard.htm#_edn12
Le débat sur l’homosexualité : sciences humaines et position de l’Église Noël Simard, D.Th.
Noël Simard est professeur de théologie morale et d’éthique et directeur du Centre d’éthique à l’Université Saint-Paul d’Ottawa.  L’homosexualité est un sujet fort débattu aujourd’hui et nombreux en sont les signes: mariage de couples homosexuels, fin de la clandestinité, mouvement gay qui continue de revendiquer la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles, adoption d’enfants par des couples homosexuels, etc. La réflexion sur l’homosexualité s’est radicalement modifiée ces dernières années et cela s’explique en grande partie par les découvertes des sciences humaines et par l’évolution des moeurs qui a permis à de nombreuses personnes homosexuelles de faire connaître leur condition psycho-sexuelle et affective sans être rejetées comme auparavant. Il est de plus en plus fréquent d’entendre dire que l’homosexualité représente une simple variation de la sexualité tout à fait équivalente en droit à l’hétérosexualité. Quel jugement peut-on porter sur cette réalité? Aujourd’hui, plusieurs catholiques ont de la difficulté à comprendre le statut éthique et théologique de l’homosexualité. Alors que nous traversons un moment critique de transition et de développement, l’enseignement de l’Église sur la sexualité – et encore davantage sur l’homosexualité – paraît figé et dépassé. Si nous voulons approfondir l’éclairage de la foi chrétienne sur la sexualité, il nous faut à la fois nous tourner vers l’Écriture, la Tradition et l’enseignement officiel de l’Église et nous mettre à l’écoute de la recherche scientifique et des sciences humaines. Dans ce dialogue foi et raison il faut un échange et une interpellation mutuelle. 1. Ce que nous disent aujourd’hui les sciences humaines sur l’homosexualité Avant de nous demander ce que les sciences humaines nous offrent comme savoir et lumière, il faut se rappeler que toute théorie ou observation faite dans chaque discipline est dans une certaine mesure évaluative ou incomplète. Il n’y a pas de formule infaillible qui garantisse une certitude absolue. Cependant il faut prendre au sérieux la perspective évolutive dans l’analyse de la sexualité humaine[i], ce qui ne résout pas pour autant toutes les complexités et les questions sur la sexualité. Par exemple, la biologie évolutive et la psychologie mettent l’accent sur les interactions de l’espèce avec les conditions existantes de l’environnement. D’un point de vue évolutif, la transition démographique à de petites familles dans les sociétés occidentales s’expliquerait et manifesterait une adaptation de la réponse procréatrice à un environnement changeant.  L’évolution de la biologie reproductrice humaine a augmenté le caractère unitif de la sexualité, détachant ainsi le lien entre procréation et expression sexuelle. Dans cette optique, un groupe humain n’a pas besoin de toujours augmenter sa population, mais a toujours besoin d’augmenter les liens d’amour, d’affection, de soutien social mutuel. Et encore: dans une perspective évolutive, les questions de l’identité sexuelle, de la différenciation des sexes et de l’orientation sexuelle sont plus complexes et doivent être considérées en tenant compte des complexités des processus de développement et des possibilités de variations. La sexualité humaine comporte différentes composantes: génétique, hormonale, corporelle morphologique, psychologique, sociale; il est question d’orientation, de performance, de reproduction, de rôles, d’érotisme, d’amour, etc. Ainsi choisit-on librement son orientation sexuelle? L’orientation sexuelle peut-elle être renversée par ce qu’on appelle les thérapies « réparatrices »?  Peut-on écarter ces affirmations de choix et de possibilité de changement d’orientation? Ne peut-on pas les interpréter comme une évidence de la large variation dans les orientations sexuelles? Les chercheurs parlent de plus en plus d’homosexualités au pluriel plutôt que de l’homosexualité au singulier. Au plan des sciences humaines, les opinions des chercheurs et spécialistes sont partagées. Certains [ii] affirment que l’homosexualité (foncière) est anormative et continue d’être une dysfonction dans l’orientation normale de l’instinct sexuel de même que dans le développement psycho-affectif. Selon eux, l’instinct sexuel pousse vers l’hétérosexualité et confirment cette affirmation la dimension procréatrice de la sexualité ainsi que les recherches philosophiques qui décrivent l’être en considérant sa capacité de relation et son altérité: la personne de sexe différent constitue l’autre par excellence. D’autres auteurs, s’inspirant des thèses de psychanalystes néo-freudiens américains[iii], associent l’homosexualité à un « trouble de l’identité sexuelle », une « démasculinisation » occasionnée par la rigidité du père face au rôle sexuel. Or, selon eux, il n’y a que deux identités sexuelles, celles de l’homme et de la femme; et une multitude d’orientations sexuelles, dont l’orientation homosexuelle. Dans cette ligne de pensée, le sexologue Jules Bureau[iv] affirme que l’homosexualité résulte d’un conflit d’identité sexuelle et que les couples gays ne peuvent créer de véritables liens d’intimité, et ce, en raison du caractère fusionnel de leur relation qui repose sur la recherche du même, du semblable; cela va à l’encontre de l’altérité. D’autres reconnaissent que l’homosexualité, pas plus que l’hétérosexualité, ne signifie pas nécessairement un défaut d’adaptation psychologique[v]. D’autres, au contraire, s’interrogent sur le statut de l’homosexualité et s’orientent vers une révision de la pensée sur ce sujet.  Nous allons nous limiter à trois questions principales que ces chercheurs[vi] se posent: les causes de l’homosexualité, la nature des relations intimes entre personnes homosexuelles et l’impact de l’homoparentalité sur le développement de l’enfant. L’étiologie ou causes de l’homosexualité Peut-on établir les causes de l’homosexualité? Poser cette question c’est déjà, pour plusieurs, insinuer que l’homosexualité fait problème. S’interroge-t-on sur les causes de l’hétérosexualité? Essayer d’établir la cause de l’homosexualité, n’est-ce pas chercher à porter un jugement social, politique ou éthique? Ne serait-ce pas là une perspective basée sur des valeurs? Ainsi derrière l’explication génétique, n’y-a-t-il pas l’idée implicite que si c’est génétique, ce n’est pas un choix, et dès lors, le comportement homosexuel n’est pas à blâmer! Il semble maintenant bien établi qu’il n’y pas vraiment une « caus » unique de l’homosexualité. Il est préférable de parler de facteurs qui contribuent à la naissance et au développement de cette réalité, car les origines de notre orientation sexuelle – qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle – s’enracinent profondément dans nos premières expériences et reflètent une convergence de plusieurs circonstances biologiques, psychologiques et sociologiques. Même en inventoriant soigneusement les données des sciences humaines, il est difficile d’analyser les causes de l’homosexualité. La question que l’on doit se poser, c’est davantage celle-ci :comment l’orientation sexuelle se développe-t-elle? Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer le développement de l’orientation homosexuelle. On peut les regrouper en théories génétiques, hormonales, neuro-anatomiques et environnementales. L’évidence que la génétique est présente dans le développement de l’orientation sexuelle est aujourd’hui forte. De nombreuses études sur la famille, sur des jumeaux identiques, sur l’adoption et sur la génétique moléculaire – on parle même du gène XQ28 comme lieu de la base génétique de l’orientation sexuelle – ont montré que la génétique joue un rôle déterminant dans l’orientation sexuelle masculine. Cependant ce n’est pas le seul facteur. Il faut une interaction avec d’autres facteurs inconnus – biologiques ou environnementaux. Jusqu’à quel point la génétique joue un rôle et comment détermine-t-on une orientation sexuelle : voilà des questions qui demandent plus de recherche. Quant à la théorie hormonale, le niveau hormonal déterminerait le niveau d’intérêt pour le sexe mais non le type de personne avec qui on désire avoir une relation sexuelle. Les recherches faites sur des hommes homosexuels décédés (principalement du sida) ont fait miroiter pour un temps la théorie neuro-anatomique mais cette idée que l’orientation serait déterminée par une structure spécifique du cerveau n’est pas concluante. Les théories environnementales qui regroupent les théories psycho-analytiques, socio-environnementales et expérientielles sont bien connues. Ainsi, la perspective psychoanalytique (qui origine de Freud) suggère que l’homosexualité masculine découlerait d’un développement psycho-sexuel dû à une mère dominatrice et à un père soumis.  Les théories socio-environnementales proposent comme facteurs un cadre familial pertubé ou les difficultés à appprendre son rôle social propre. Encore là les facteurs environnementaux jouent un rôle mais ce qui reste à déterminer, c’est quel facteur et jusqu’à quel point. Quelles conclusions peut-on tirer de ces recherches sur les « causes »? Il est clair que les recherches ont des conséquences sur les attitudes des professionnels. Par exemple, les psychologues, et même les experts en psychanalyse, endossent de plus en plus la théorie de l’hérédité génétique comme premier agent causal. D’autres contestent ces recherches mais certains les favorisent pour promouvoir et défendre les droits des personnes homosexuelles. Enfin, selon certains, les chercheurs ont des partis-pris et veulent favoriser leur profession. Ainsi, si l’homosexualité est un défaut ou une dysfonction, les recherches serviront à développer des traitements pour prévenir l’homosexualité ou la réorienter. Les relations intimes entre personnes homosexuelles Beaucoup de stéréotypes circulent à propos des relations intimes chez les personnes homosexuelles : elles sont incapables de relations durables (opinion peut-être encouragée par l’étalage de la promiscuité sexuelle dans la communauté homosexuelle); leurs relations sont dysfonctionnelles et malheureuses; les homosexuels adoptent les rôles différentiels que l’on retrouve dans les couples hétérosexuels. De nombreuses études descriptives et comparatives défont ces stéréotypes : elles montrent que les couples homosexuels peuvent durer et peuvent avoir des relations satisfaisantes et épanouies. Bien sûr, d’autres chercheurs critiquent ces recherches qui seraient fondées sur un échantillonnage limité et peu révélateur. Une question demeure problématique: celle de l’exclusivité sexuelle qui serait moins fréquente chez les gais que chez les hétérosexuels et les lesbiennes. Ainsi donc, l’homosexualité n’est pas incompatible avec une santé psychologique ou avec la capacité d’établir des relations aimantes et fidèles. Impact de la parentalité homosexuelle sur le développement de l’enfant On évalue à 8 millions le nombre d’enfants aux États-Unis qui vivent avec une mère lesbienne ou un père homosexuel. Il faut ajouter que la majorité ont eu ces enfants dans une relation hétérosexuelle précédente. Plusieurs ont eu recours à l’adoption, à l’insémination artificielle, à la maternité de substitution ou encore au placement familial. Nous pouvons nous poser deux questions principales: est-ce que les personnes gaies et lesbiennes peuvent être parents, et est-ce que les parents homosexuels ont une influence marquante sur le développement sexuel de l’enfant? Les recherches des sciences comportementales et humaines démontreraient qu’il n’y a pas de différence marquée au niveau de l’identité sexuelle ou de l’adaptation psycho-sociale entre les enfants de parents hétérosexuels et les enfants de parents homosexuels. Il n’y aurait pas non plus de différence significative dans l’attraction sexuelle ou l’orientation sexuelle déclarée d’adultes issus de parents gais ou de parents hétérosexuels. Ces recherches américaines sont cependant contestées et les raisons apportées sont qu’elles manquent de crédibilité scientifique (nombre de questionnaires restreint, très jeunes enfants concernés, réponses aux questionnaires faites par les parents, sélection biaisée, etc.). De telles recherches ne feraient que confirmer l’instrumentalisation de l’enfant à laquelle la démarche d’homoparentalité peut conduire. Les enfants porteraient la responsabilité de valider les choix sexuels des parents[vii]. Les personnes homosexuelles seraient donc tout aussi capables d’être parents que les personnes hétérosexuelles. Les recherches démontreraient que même un seul parent suffit. Ce serait une question non pas tant de capacité que de l’établissement d’une relation affective solide. L’essentiel, dit-on, c’est que l’enfant se sache né d’un homme et d’une femme, issu de deux corps sexués différenciés. L’orientation sexuelle de ses parents éducateurs serait de moindre importance. A cela certains répondent que « l’enfant n’est pas seulement en relation avec deux individus disjoints, mais avec leur relation elle-même, avec leur lien »[viii]., et que l’enfant a droit à avoir un père et une mère, filiation qui est primordiale dans la construction psychique d’un enfant. 2. La pensée officielle de l’Église sur l’homosexualité La sexualité reste encore un point d’achoppement pour la crédibilité de l’Église. Peut-elle s’en désintéresser pour se consacrer davantage aux défis sociaux de lutte contre la pauvreté et de la justice? Tout en mettant plus d’emphase sur son enseignement social, l’Église doit continuer de parler d’éthique sexuelle, car la sexualité demeure l’un des enjeux humains les plus importants. De la même façon, l’Église se doit de se pencher sur la réalité de l’homosexualité. Et force est de reconnaître l’insistance de l’Église à aborder cette question par la grande quantité de documents produits sur le sujet (21 documents produits entre 1977 et 2002)[ix]. Même si le discours ecclésial officiel sur l’homosexualité semble inchangé depuis le début du christianisme, même si son approche théologique et anthropologique se trouve décalée par rapport aux données psychologiques et sociales qui ont beaucoup évolué, on peut noter une évolution au plan pastoral. Son discours est plus nuancé que les moyens de communication le présentent souvent. Il est difficile de présenter cet enseignement en quelques lignes et de faire les nuances qui s’imposent. Mais je crois que l’on peut déduire ces affirmations constantes : Il y a réaffirmation de cette conviction au sujet de la signification de la sexualité à partir de la Bible, de la Tradition et de l’expérience chrétienne: dans une perspective personnaliste et une compréhension plus psycho-sociale de la sexualité et non seulement biologique, on affirme que la sexualité est un bien ordonné à l’accomplissement de soi et à la procréation, que les hommes et les femmes ont des rôles complémentaires et que la différence des sexes est centrale. En distinguant entre la personne homosexuelle et le fait de l’homosexualité, la pensée morale catholique nous rappelle que la personne n’est pas qu’homosexuelle. Elle a d’autres dimensions, elle est riche de dons et de capacités qui peuvent se traduire dans des engagements profonds et humains très enrichissants pour la société et pour l’individu lui-même. Il faut donc éviter de juger les personnes homosexuelles à partir de la seule composante sexuelle ou de les enfermer dans une catégorie méprisante ou caricaturale. Quelle que soit son orientation sexuelle, toute personne est aimée de Dieu et a un avenir en Dieu. Le plan salvifique de Jésus Christ s’applique, et sinon davantage, à la personne qui vit des difficultés dans l’intégration de sa sexualité. L’appel demeure accessible au sein même des limites affectives et relationnelles. La personne homosexuelle doit et espère trouver accueil et soutien dans la communauté chrétienne. Elle attend des autres membres une attitude qui la reconnaisse dans sa dignité d’enfant de Dieu. Elle attend de l’Église qu’elle lui annonce l’amour inconditionnel de Dieu. L’enseignement officiel fait une distinction entre l’homosexualité foncière ou structurelle et l’homosexualité périphérique. D’après Persona Humana, certaines observations d’ordre psychologique ont amené à distinguer entre des tendances homosexuelles transitoires et non incurables et d’autres qui seraient définitives ou constitutives, et jugées incurables. Cependant Persona Humana n’admet pas qu’une fois que cette distinction est admise on en vienne à prétendre que les actes homosexuels sont justifiés dans le cadre d’une sincère communion de vie et d’amour analogue au mariage. En aucun cas, ajoute le document romain, on ne peut accepter ces actes en leur donnant une justification morale du fait qu’ils « seraient estimés conformes à la condition de ces personnes ». Comme l’affirment tous les documents romains, les actes homosexuels demeurent intrinsèquement mauvais et ne peuvent en aucun cas recevoir d’approbation. Cependant  Persona Humana ne parle pas de désordre à propos de la tendance homosexuelle. Cela a soulevé un questionnement chez beaucoup de fidèles: comment comprendre qu’il n’est pas mauvais ou même bon d’avoir une orientation homosexuelle et ne pas être justifié de poser un acte homosexuel? Pour dissiper ce malentendu, la Lettre aux Évêques sur la pastorale des personnes homosexuelles (1986) va rappeler : « Cependant, dans la discussion qui suivit la publication de cette Déclaration (Persona Humana), la condition homosexuelle a donné lieu à des interprétations excessivement bienveillantes, certaines allant jusqu’à la qualifier d’indifférente ou même de bonne. Il importe de préciser au contraire que, bien qu’elle ne soit pas en elle-même un péché, l’inclination particulière de la personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral. C’est la raison pour laquelle l’inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée. » Et cette Lettre d’ajouter aussitôt : « Aussi ceux qui se trouvent dans cette condition devraient-ils faire l’objet d’une sollicitude pastorale particulière, afin qu’ils ne soient pas enclins à croire que l’actualisation de cette tendance dans les relations homosexuelles est une option moralement acceptable. » Les actes homosexuels sont considérés comme intrinsèquement mauvais parce qu’ils sont contraires à la finalité procréatrice de l’acte conjugal, ne peuvent prendre place à l’intérieur du mariage considéré comme l’union d’un homme et d’une femme, et parce qu’ils attaquent l’unité de base de la société, la famille. Il y a finalement une déficience dans le potentiel pour la complémentarité entre partenaires. Le mariage homosexuel est ontologiquement impossible. La fidélité peut être possible mais la fécondité physique en vue de la procréation est impossible, de même qu’aucun degré de personnalité ou de différence physique entre individus de même sexe ne peut offrir la même possibilité d’épanouissement au plan de la complémentarité. Enfin ce n’est pas toute discrimination qui est injuste. Tout en rappelant que les personnes homosexuelles doivent être accueillies avec respect, compassion et tendresse, et que tout geste de discrimination injuste à leur égard doit être évité et combattu, le Magistère officiel de l’Église affirme que l’on ne peut « inclure l’orientation homosexuelle parmi les considérations sur la base desquelles il est illégal de discriminer »; on ne peut la comparer, en matière de non-discrimination, à la race, à l’origine ethnique ou au genre. Quand les droits de certains individus homosexuels entrent en conflit avec les droits collectifs ou menacent le bien commun, un traitement différentiel basé sur l’orientation sexuelle peut être moralement requis. Ainsi les lois protégeant le mariage hétérosexuel peuvent être considérées comme une discrimination juste et nécessaire pour protéger l’institution du mariage et de la famille. 3- D’autres opinions théologiques Au-delà de ces documents et de réactions qui ont pu apparaître blessantes et inappropriées, des pasteurs ont cherché à accompagner des personnes homosexuelles chrétiennes avec discernement, compassion et discrétion. Des théologiens ont cherché à proposer un message dont le langage soit audible aux chrétiens et chrétiennes de notre temps. Ils ont cherché à répondre à des questions épineuses telles que : Que dire à ceux et celles qui sont engagées dans une vie de couple? Est-il possible de tenir un autre langage que le compromis entre une attitude d’accueil et une condamnation des actes homosexuels? Peut-on donner aux actes homosexuels une qualification morale autre qu’« intrinsèquement désordonnés » ?  Que faire de cette capacité d’aimer qui est orientée vers une personne de même sexe? Comment développer une anthropologie chrétienne qui tienne compte des découvertes des sciences humaines et qui prenne davantage en considération la diversité des homosexualités? Certains théologiens ont tenté de juger les actes homosexuels autrement que sous l’angle de la loi naturelle ou de la formule d’intrinsèquement mauvais; ils voulaient ainsi répondre aux requêtes d’homosexuels chrétiens déchirés intérieurement et incapables de correspondre à l’idéal d’abstinence proposé par l’Église. Étant donné la limite de l’article, je ne présenterai que le point de vue de deux théologiens et d’une théologienne américains: Charles Curran, Philip Keane, et Lisa Sowle Cahill. Je présenterai leur pensée telle qu’ils l’ont exprimée dans les années quatre-vingt. Ces trois théologiens n’ont pas affirmé que l’activité homosexuelle dans un style de vie homosexuel est une alternative moralement neutre au mariage et à la vie de famille, ou que l’acte homosexuel devrait être considéré comme moralement neutre ou acte indifférent. Ils ne nient pas l’idéal d’une relation exclusive et permanente de l’amour hétérosexuel procréateur. En reconnaissant que certaines personnes homosexuelles ne peuvent être réorientées vers l’hétérosexualité et ne font pas l’expérience d’un appel au célibat, ces théologiens proposent que, sous certaines circonstances, c’est-à-dire dans le cadre d’une relation mutuelle aimante et durable, les actes homosexuels ne sont pas nécessairement mauvais; au contraire ils peuvent être moralement justifiés et acceptables. Charles A. Curran[x] appuie sa position sur ce qu’il appelle une théorie du compromis. Dans un monde idéal, l’activité homosexuelle serait mauvaise. Mais dans la situation d’un monde marqué par le péché, ce qui est l’état du monde actuel, l’acte homosexuel peut être acceptable, du moins dans le cadre d’une union stable et amoureuse. La raison en est que les actes homosexuels d’une personne foncièrement homosexuelle sont enracinés dans sa structure psychique homosexuelle. Et la structure psychique d’une personne homosexuelle foncière est un des effets du péché du monde. Pour Philip S. Keane[xi], les actes homosexuels dans le cadre d’une union stable et aimante ne sont pas un mal moral objectif mais un mal pré-moral. Le mal pré-moral implique un manque d’ouverture à la procréation et à la complémentarité qui sont présentes dans le mariage hétérosexuel. Ce mal pré-moral ne devient pas mal moral dans le cadre d’une relation d’amour et de fidélité car l’acte homosexuel est accompli dans une relation responsable et contient le bien proportionné de contribuer à la croissance et à l’accomplissement des partenaires. Lisa Sowle Cahill[xii], quant à elle, utilise l’argument de l’exception à la règle. La norme ou règle demeure l’activité sexuelle responsable advenant dans le cadre d’une relation hétérosexuelle d’amour et d’engagement ouverte aux enfants. Cependant certaines circonstances peuvent apporter une exception à la règle. Le mariage hétérosexuel est le contexte normatif pour les actes sexuels pour les chrétiens. Mais il est possible de juger les actes sexuels dans d’autres contextes considérés comme non normatifs mais objectivement justifiables dans des situations exceptionnelles. Et le cadre d’une union amoureuse et stable de personnes foncièrement homosexuelles peut être considéré comme une situation exceptionnelle. Tenant une position beaucoup plus radicale, le théologien et philosophe John J. Macneil[xiii] , un ancien jésuite expulsé de sa congrégation en 1987, rejette la notion que l’hétérosexualité est normative. Il se base en cela sur les sciences humaines qui considèrent la personne humaine dans l’optique d’une liberté créatrice de soi et non comme une essence statique. Selon lui, les relations homosexuelles (avec engagement) sont potentiellement bonnes et les mêmes règles devraient s’appliquer tant aux actes homosexuels qu’aux actes hétérosexuels. Ce qui est immoral, c’est l’acte irresponsable, qui exploite et détruit le bien de chaque partenaire. Car c’est l’amour qui est la norme de la sexualité, non la procréation. Conclusion Que peut-on tirer comme conclusions de ce court survol de l’apport des sciences humaines et de la position officielle de l’Église dans le débat sur l’homosexualité? Si l’Église doit, plus que jamais, être à l’écoute des découvertes des sciences humaines et en tenir vraiment compte dans son enseignement sur l’homosexualité, elle doit garder tout autant un esprit critique et inviter les personnes homosexuelles à découvrir dans son recours à une longue Tradition et à la Parole de Dieu ce qui est à la fois source d’épanouissement et appel au dépassement. Un des enjeux importants auxquels fait face le discours officiel se situe davantage au niveau du langage, du ton et de la formulation. Il ne sert à rien de commencer par des interdictions qui rebutent les fidèles et masquent le souci d’accueil de la personne homosexuelle. Il faut éviter de stigmatiser l’orientation affective et sexuelle de qui que ce soit. A ce titre, le message pastoral des évêques des États-unis aux parents d’enfants homosexuels est fort inspirant et respectueux de la condition homosexuelle. « Notre message porte, écrivent les évêques américains, sur l’acceptation de vous-mêmes, sur votre foi et vos valeurs, sur vos questions et sur tous vos combats actuels; il porte sur la reconnaissance de l’amour de votre enfant comme don de Dieu et la reconnaissance de la vérité de la Révélation »[xiv]. On ne peut que saluer l’évolution positive qui s’est faite dans les dernières décennies dans les mentalités et les attitudes à l’égard des personnes homosexuelles. La reconnaissance des valeurs dont leurs projets de vie ou de couple sont porteurs – valeurs de l’estime de soi, de l’entraide, du respect d’autrui, de la tendresse et de la fidélité,  par exemple – a rendu la vie des personnes homosexuelles non seulement moins insupportable mais aussi plus agréable. Cependant il est difficile de contourner, dans la tradition judéo-chrétienne et l’anthropologie qu’elle comporte, l’affirmation de l’asymétrie constitutive qui existe entre l’hétérosexualité et l’homosexualité. Il faut reconnaître que « le couple homosexuel n’entretient pas, par définition, la même relation que le couple hétérosexuel à la symbolique fondamentale qui constitue la sexualité humaine »[xv], à savoir la différenciation sexuelle et l’altérité irréductible qu’elle désigne. Les personnes homosexuelles ne peuvent esquiver la question que leur pose le fait conjugal et parental constitutif de l’humanité. Comme le souligne Müller, « le langage de l’asymétrie n’implique pas une disqualification éthique de l’homosexualité comme orientation et comme comportement. Il la soumet seulement à l’évaluation critique d’une norme anthropologique incontournable, par rapport à laquelle l’homosexualité nous apparaît effectivement comme une dérogation, et en ce sens, comme anormative »[xvi].  Mais cela soulève la question du rapport de l’altérité à la conjugalité, et à toute conjugalité. Comme l’écrit si bien Soeur Véronique Margron, « tout couple est invité à se demander dans quelle mesure sa relation d’amour sème de la confusion ou crée de l’unité, à l’intérieur ou à l’extérieur du couple. Il est des couples hétérosexuels qui ne respectent guère ce rapport à l’altérité, tels ceux qui se construisent sur trop de ressemblances entre le conjoint et le père ou la mère, ou bien ceux où les parents entretiennent des relations d’objet avec leurs enfants…En ce qui concerne l’homosexualité, l’enjeu est de relier ce travail de l’altérité à la différence fondamentale des sexes. Qu’est-ce qui va permettre, dans un amour de personnes homosexuelles – où donc la ressemblance de fait est présente – de faire droit au travail d’altérité? »[xvii] Parler du rapport à l’altérité nous ramène au coeur de l’éthique dont la question commune et universelle est celle de la juste relation à autrui et de l’humanisation des personnes. Au-delà de la différence des sexes ou de l’orientation sexuelle, il s’agit de faire advenir le sujet dans son ouverture aux autres et à l’Autre, dans ses relations avec tous les autres sujets humains. Toute personne, qu’elle soit homosexuelle ou non, est confrontée à l’exigence éthique de la réalisation de soi dans l’ouverture à l’autre et dans la recherche du Sens. Cela présuppose une éthique qui prend en réelle considération la personne concrète, avec ses valeurs, ses plans de vie, ses espoirs et aussi ses réelles capacités. Cette éthique n’écarte pas le problème de l’articulation entre les principes et les actes.  Mais elle essaie de tenir compte à la fois des situations marquées par le manque et l’imperfection de la condition humaine, de l’appel au dépassement et de la réalisation plénière de soi. Il s’agit en d’autres mots d’une éthique qui maintient en tension le souhaitable humain intégral et l’effectivement possible, laissant l’espace pour un cheminement et une croissance. Et dans ce travail, l’être humain n’est pas laissé à lui-même. Il peut compter sur la lumière et la force de l’Esprit.


  [i] On lira avec intérêt l’article de Sidney CALLAHAN, «Homosexuality, Moral Theology, and Scientific Evidence», in Patricia Beattie JUNG, with Joseph Andrew CORAY, Editors, Sexual Diversity and Catholicism – Toward the Development of Moral Theology, Collegeville, Minnesota: The Liturgical Press, 2001, p. 201-215.
[ii]Voir Anatralla, Tony, Le sexe oublié, Flammarion, 1990. Et aussi du même auteur: Non à la société dépressive, Paris, Flammarion, 1993.
[iii] Consulter les textes de Jacques CLOUTIER, «Le changement d’orientation sexuelle chez l’homosexuel masculin», Revue québécoise de psychologie, vol.3, n.2., 1982, p.2-12; Jacques CLOUTIER et Suzanne RENAUD, «Relation au père, identité et homosexualité», Revue québécoise de psychologie, vol 16, n. 3, 1995
[iv] Jules BUREAU, «L’intimité et l’identité sexuelle: une approche existentielle», Revue sexologique, vol. 3, n. 1, 1995, p.17.
[v] Cf. Th. R. CLARK, The American Journal of Psychoanalysis, n. 35, p. 163-168 ( 1975), cité dans THÉVENOT, Xavier, Homosexualités masculines et morale chrétienne, Cerf, Paris, 1985, p. 36. On lira à profit le chapitre VI du livre de Thévenot, chapitre qui porte sur l’étiologie de l’homosexualité, sur ses désignations et ses répercussions.
[vi] Pour cette partie, nous nous inspirons grandement de l’article de Isiaah CRAWFORD and Brian D. ZAMBONI, «Informing the Debate on Homosexuality: The Behavioral Sciences and the Church», in JUNG AND CORAY, Sexual Diversity and Catholicism, p. 216-251
[vii]Dénonciation faite par Caroline Éliacheff dans Famille chrétienne, no.1503, 4-10 novembre 2006, p. 27
[viii]Voir Dossier La revendication d’homoparentalité, Famille chrétienne, no 1503 – du 4 au 10 novembre 2006, p.26.
[ix] La pensée officielle de l’Église sur l’homosexualité est exprimée principalement dans les documents suivants: «Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle» ( Persona humana),Congrégation pour la Doctrine de la foi, 29 décembre 1975; «Orientations éducatives sur l’amour humain» Congrégation pour l’éducation catholique, 1 novembre 1983;«Lettre aux évêques sur la pastorale des personnes homosexuelles», Congrégation pour la Doctrine de la foi, 1 octobre 1986; Le Catéchisme de l’Église catholique, promulgué par Jean Paul II en 1992, texte français publié le 8 décembre 1992;«Vérité et signification de la sexualité humaine», Conseil pontifical pour la famille, 8 décembre 1995; «Au sujet des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles», Congrégation pour la Doctrine de la foi, 23 juillet 1992.
[x]Cf. Charles A. CURRAN, Critical Concerns in Moral Theology, Notre Dame: University of Notre Dame Press, 1984. On retrouve aussi la pensée de Curran dans deux autres livres: Catholic Moral Theology in Dialogue, Notre Dame: University of Notre Dame Press, 1976, p. 184-219 et Transition and Tradition in Moral Theology , Notre Dame: University of Notre Dame Press, 1979, p. 59-80
[xi] Cf. Philip S. KEANE, Sexual Morality: A Catholic Perspective, New York/Ramsey/Toronto: Paulist Press, 1977, p. 85-90
[xii] Lisa SOWLE CAHILL, «Moral Methodology: A Case Study», in Robert NUGENT (ed), A Challenge to Love Gay And Lesbian Catholics in the Church, New York: Crossroad, 1983, p. 78-92
[xiii] John J. MACNEIL, The Church and the Homosexual, 3ième édition, Revisée et augmentée, Boston: Beacon Press, 1988
[xiv] «Always our Children» «Ils sont toujours nos enfants», Conférence américaine des évêques catholiques, 10 septembre 1997, En français dans La Documentation catholique, 16 novembre 1997, n. 2170.
[xv] Denis MULLER, «L’éthique homosexuelle: un défi à l’éthique chrétienne traditionnelle», in Guy LAPOINTE et Réjean BISAILLON, (sous la direction de), Nouveau regard sur l’homosexualité Questions d’éthique, Editions Fides, 1997, p. 30
[xvi]Denis MÜLLER, «L’éthique homosexuelle: un défi à l’éthique chrétienne traditionnelle», p.32
[xvii]Véronique MARGRON, «Le discours magistériel demeure cohérent», in Claire LESEGRETAIN, Les chrétiens et l’homosexualité, L’enquête, Presses de la renaissance, Paris, 2004, p. 170
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Mon fils est gay ( SAVOIR COMPRENDRE AIDER)

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Pédophilie Educationnelle

Source : http://institutdeslibertes.org/pedophilie-educationnelle/#comment-11765 Il y a deux périodes bénies dans la vie ou le sexe nous fout la paix, la vieillesse (enfin je l’espère, je n’y suis pas encore arrivé, mais je fais des progrès notables)… et l’enfance. Quand j’étais enfant, avant que le traumatisme de la puberté ne m’atteigne, je courais derrière un ballon,  je montais aux arbres, je mettais des claques à mon frère qui me les rendait avec beaucoup d’allégresse, je lisais tout ce qui me tombait sous la main en n’en comprenant pas  la moitié, bref c’était le bonheur total surtout pendant les vacances qui duraient une éternité. Le seul point noir dans ma vie étant qu’il fallait aller à l’école pour y être enfermé dans le but tout à  fait incompréhensible d’essayer de m’apprendre quelque chose. L’avantage de l’école était qu’aux récréations, je retrouvais toute une sérié de copains et que l’on pouvait se mettre des claques, grimper aux arbres , courir derrière un ballon (voir plus haut)… Pour plus de détail sur ma petite enfance, relire « Le Petit Nicolas » de Sempé et Goscinny ou le château de ma Mère de Marcel Pagnol. De l’autre coté de la rue, il y avait une autre école , réservée à une autre sorte d’enfants, habillées différemment,  qui en général terminaient la journée aussi propres qu’elles l’avaient commencée et dont on nous disait qu’elles s’appelaient « des filles ».Je savais que cette  autre sorte d’enfants existait puisque j’avais deux grandes sœurs plus âgées que moi à la maison, mais dans l’ensemble les relations entre les deux écoles étaient ténues et les invitations croisées dans les goûters d’anniversaire assez rares en ces temps anciens. Mais je peux assurer le lecteur que s’il y avait une chose qui ne nous préoccupait pas, c’était « le sexe ». En fait, la puberté commençant à roder , l’un de mes copains me raconta un jour sous le sceau du secret comment cela se passait entre un homme et une femme. Je sortis de cette conversation complètement certain que mon copain racontait n’importe quoi pour se rendre intéressant. Etait ce bien? Etait ce mal? Je n’en sais rien, mais en tout cas je ne changerai pas mon enfance pour celle des petits garçons ou des petites filles actuels (ou devrais je écrire actuelles? Grave question , après tout le masculin doit-il toujours grammaticalement l’emporter sur le féminin?). Et avoir une enfance heureuse est de loin le plus beau cadeau que des adultes puissent faire à un enfant… En effet, dans « la Fabrique de Crétins » qu’est devenue l’Education Nationale, une série d’obsédés sexuels et de pédophiles enragés a, à l’évidence, pris le pouvoir au Ministère et veulent à tout prix « informer » les pauvres gamins sur ce qui sera sans aucun doute la grand histoire de leur vie, LE SEXE. Le fait qu’une grande partie de nos enfants arrivent en sixième en ne sachant ni lire ni écrire ni compter ne les préoccupe guère en revanche. L’essentiel  c’est d’être certain , vraiment certain qu’à 12 ans, aucun d’entre eux  n’ignore rien de l’homosexualité, du Kama-sutra et de tous ces choix qui souffrent à eux.  Certes,On a  les priorités qu’on peut…Et c’est cette volonté de ne rien laisser ignorer aux enfants des « choses de la vie » que j’assimile  à de la pédophilie éducationnelle… Qu’est donc que la pédophilie, la vraie ? Apparemment un certain nombre d’adultes ne supportent pas cet  » âge de l’innocence » et cherchent à imposer leurs fantasmes sexuels à ces innocents.Et les petites victimes en sortent abîmées à jamais.Et cela est monstrueux. La pédophilie éducationnelle est bien sur différente. La relation physique n’est pas le but recherché.L’idée ici est d’introduire dans l’esprit de l’enfant des informations appartenant au monde des adultes de façon à  ne rien lui laisser ignorer de ce qui l’attend plus tard. Mais l’horrible chose est que l’enfant n’est pas équipé physiquement pour « traiter » cette information. Etre mis au courant de faits sur lesquels on n’a aucune prise ne peut être que générateur d’angoisses et de troubles. Ce que les pédophiles font souffrir aux corps des enfants, les pédophiles « éducationnels » le font souffrir   à leurs esprits…Et cela est monstrueux également, comme le Christ nous le dit, sans ambages. « Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. » Mathieu 18.6 Mais qui donc sont ces pédophiles éducationnels ? Aussi curieux que cela paraisse, ce ne sont pour ainsi dire jamais des enseignants  » du terrain ».Ils ne voient  que fort rarement un enfant. Les enfants ne les intéressent pas.Ce qui les passionne, c’est de transformer la nature profonde de ceux que leurs parents sont bien forcés de leur confier, leurs enfants. Ce sont la plupart du temps des  » intellectuels », des politiques,  des syndicalistes appartenant à l’administration  de l’Education Nationale,  des « chercheurs » à l’Université ou au CNRS, qui vont de comité Théodule en comité Théodule, de congrès international en congrès international où ils retrouvent ceux qui pensent comme eux et où l’on parle non pas d’éducation ou d’enseignement, mais de « changer la nature humaine », ambition totalitaire par excellence, qui a  déjà fait  des centaines de millions de morts depuis le XVIII siècle, ou cette idée bizarre est apparue pour la première fois. Parler de Liberté en envoyant ceux qui ne sont pas d’accord au Goulag à toujours été la caractéristique de ceux qui veulent faire le bonheur du genre humain en changeant la nature de l’homme. Nos pédophiles éducationnels font donc partie d’une longue lignée   » gauche », qui commence avec les massacres de la Convention pour se terminer avec le Cambodge ou la Corée du Nord, en passant par Marx, Staline… Il est rare  que nos pédophiles aient des enfants eux mêmes, et s’ils en ont , comme l’illustre Bourdieu qui a écrit de multiples livres sur l’école comme moyen de transmission du Pouvoir par la classe dominante, ils les font inscrire à  Henri IV à  Paris, la matrice de l’Elite par excellence, ce que ce Lycée ne pouvait lui refuser puisqu’il était Professeur au Collège de France. Leur Dieu philosophique est Rousseau, qui a beaucoup écrit sur l’éducation à donner aux enfants, tout en abandonnant ceux qu’il avait fait à sa domestique aux bons soins l’assistance publique, alors gérée par l’Eglise Catholique, dont il disait le plus grand mal.Faire des enfants, les abandonner, dire du mal de ceux qui les ont recueilli tout en écrivant des traités sur l’Education, on comprend que la Gauche adore Rousseau.  Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais… Quelle est la solution va me demander le lecteur? Elle est simple. Comme  le dit le proverbe Chinois  » Les poissons commencent toujours à  pourrir par la tête » Et donc quand une structure est centralisée, si des forces mauvaises en prennent le contrôle , le pouvoir immense que permet cette centralisation peut créer des dégâts gigantesques comme on l’a vu avec l’Union Soviétique, l’Allemagne Nazie, et maintenant avec l’Education Nationale Française… Partons de deux constatations: 1.       La tète de notre système éducatif  est pourrie comme jamais. 2.       La changer est impossible politiquement. Il faut donc non pas couper cette tète, mais en faire une tète parmi d’autres et créer de très nombreuses autres tètes pour permettre de vraies expériences.Il faut donc décentraliser notre Education Nationale pour que ces gens en perdent le contrôle et rendre le contrôle du système éducatif à ceux qui ont des enfants, c’est à dire aux parents, par l’intermédiaire du chèque éducation comme cela a été le cas en Suède qui a fort bien réussi cette transformation. Et les parents pourront, s’ils le veulent, mettre leurs enfants dans les écoles qui suivront les idées de mes pédophiles éducationnels. Je ne doute pas de leur succès.   Charles Gave

UTHOR

    Pédophilie EducationnelleEconomiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001  » Des Lions menés par des ânes « (Editions Robert Laffont) ou il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage « L’Etat est mort, vive l’état » Editions François Bourin 2009 prévoyait la chute de la Gréce et de l’Espagne. Il est le fondateur et président de Gavekal research (www.gavekal.com) et Gavekal securities et membre du conseil d’administration de SCOR.

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